Suivi du couvert forestier

foret2L’analyse de la couverture forestière

Le Gabon dispose d’une cartographie complète de son couvert forestier pour les années de référence 1990 et 2000, et sur près de 40% de son territoire pour l’année 2010. Cette cartographie a été rendue possible grâce à l’Agence Spatiale Européenne (ASE) à travers la société SIRS (Systèmes d’Information à Référence Spatiale SAS). Ce travail s’appuie sur le traitement d’images Landsat pour les années 1990 et 2000 et d’images Landsat, ASTER, SPOT, RapidEye et AVNIR-2 de l’année 2010.

Cette étude a permis de montrer que la forêt représente plus de 88% du territoire gabonais soit environ 23,7 millions d’hectares. Le taux de déforestation net entre 1990 et 2000 est établi à 0,026% par an pour les dix ans, soit une diminution d’un peu plus de 61 000 ha entre les deux dates. Ce taux est faible et reste inférieur aux estimations précédemment publiées notamment par la FAO. La déforestation brute est estimée à un peu plus de 100 000 ha et près de la moitié est due à l’exploitation forestière et à l’ouverture de routes alors que près d’un tiers de la déforestation est due à la conversion de la forêt en prairie/jachère.

La reforestation est de l’ordre de 40 000 ha et les principales causes en sont la conversion des prairies/jachères pour plus de 60% et la reforestation des routes liées à l’exploitation forestières pour 25%.

Pour 2010, les résultats concernent un peu moins de 40% du territoire gabonais comprenant Libreville, Lambaréné, Franceville et les parcs nationaux de Pongara, Akanda, Monts de cristal, la Lopé, des Plateaux Batéké et Minkébé.

Pour la période de 1990 à 2000 sur la zone couverte en 2010, le taux de déforestation est estimé à 0,20% soit un peu moins que sur l’ensemble du Gabon. Cette différence peut s’expliquer en partie par le fait que la zone couverte contient près de 60% de la superficie totale des parcs nationaux gabonais même si ceux-ci n’ont officiellement été créés qu’en 2002.

Entre 2000 et 2010, on note un ralentissement très net de la déforestation, puisque le taux de déforestation calculé est de 0,04% sur la période et la zone couverte.

Des études sont en cours de finalisation pour les 60% restants. Elles seront achevées au cours du premier trimestre 2012.

Principaux enseignements

On constate un rééquilibrage entre la déforestation et la reforestation liées aux routes forestières, ce qui semblerait confirmer le rôle joué par les politiques de gestion durable de la forêt.

l’état de préservation de la forêt, traduit par une diminution du taux de déforestation entre les périodes 1990-2000 et 2000-2010, coïncide avec la mise en œuvre d’une politique de gestion de la forêt à travers l’obligation faite aux entreprises de mettre en place un plan d’aménagement durable des forêts de production, et par la création des parcs nationaux à hauteur de plus de 11% du territoire, dès le début des années 2000.

Les points de déforestation et de reforestation identifiés sur les cartes permettront de conduire de manière ciblée l’étude globale sur les causes de la déforestation et de la reforestation au Gabon, afin d’apporter des solutions adéquates aux problèmes qui auront été identifiés de façon à préserver les équilibres obtenus jusqu’à présent.

Malgré le nombre croissant de permis forestiers depuis 1957, la forêt gabonaise est restée bien conservée, avec une perte de couvert forestier relativement faible (61 000 ha de forêts perdues de 1990 à 2000). Ce résultat montre que d’une manière générale, la forêt gabonaise est gérée sur des principes de développement durable.