Discours Conseil Climat

Monsieur le Premier Ministre,
Madame le Ministre,
Messieurs les Ministres, membres du Conseil National Climat,

En prenant l’engagement de mobiliser mes compatriotes pour transformer le Gabon et en faire un pays émergent, je leur ai proposé une vision du développement de notre pays émergent où il fera mieux vivre.

Pour ce faire, nous devons poursuivre la politique de diversification de nos sources de croissance tout en veillant à une meilleure valorisation de notre patrimoine naturel. La question relative au changement climatique, en particulier la très grande vulnérabilité de notre pays, comme celle qui caractérise également les autres pays en développement, m’oblige à devoir ajuster cette vision du développement durable du Gabon.

En prenant une part active à la Conférence des Parties sur le Changement Climatique à Copenhague en décembre 2009, j’ai pris conscience de l’immensité de la tâche et de la responsabilité qui sont les nôtres dans ce combat inéluctable que l’Humanité toute entière devra mener contre les conséquences, déjà dramatiques pour nos pays, du réchauffement de la Terre.

Le changement climatique est une réalité aujourd’hui dans notre pays, notamment au travers des catastrophes causées par des conditions climatiques défavorables. Quelques exemples tirés des récents évènements météorologiques d’une rare violence, à Mouila, à Tchibanga, à Oyem, à Makokou, la destruction des routes due à la montée du niveau de la mer à Libreville et Port-Gentil, montrent à n’en plus douter, que ces catastrophes font peser une menace de plus en plus sérieuse sur le développement de notre pays, tout en aggravant la précarité d’une partie de la population victime de ces phénomènes.

Par ailleurs, nous ne tirons pas encore assez profit de tout ce que nos forêts apportent comme service à l’humanité, de la réduction des émissions à effet de serre induite notamment par notre décision de stopper les gaz torchés et des substances appauvrissant la couche d’ozone. Il en est de même pour les projets impulsés par l’action internationale sur le Changement climatique lancés dans notre pays.

Aussi, prenant la mesure de ces enjeux, tant sur le plan national qu’international, j’ai décidé de renforcer notre politique de lutte contre les effets du changement climatique, en créant le Conseil National Climat que j’ai placé sous mon autorité.

Chaque crise, chaque mutation aura ses vertus, dès l’instant où l’on s’oblige à se remettre en question et à ajuster sa vision afin de favoriser les évolutions et les diversifications économiques dans une optique de développement durable.

Ainsi, la principale mission du Conseil National Climat sera de formuler le Plan Climat qui devra permettre de garantir la bonne coordination et l’efficacité des réponses que notre pays entend apporter au double défi que posent les conséquences du changement climatique, d’une part, des mesures adéquates d’adaptation et, d’autre part des similaires d’atténuation.

En effet, les multiples options proposées par la communauté internationale, tant pour remédier et anticiper la vulnérabilité des territoires et des populations face aux effets du changement climatique, que celles liées à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, méritent une réflexion plus approfondie pour adapter les solutions à notre pays. Les mesures d’adaptation devront être en harmonie avec les mesures d’atténuation et réciproquement. C’est pourquoi, cet exercice devra être conduit à la lumière des réalités sociales, économiques et écologiques du Gabon, du Bassin du Congo et de l’Afrique.

Il apparaît évident que c’est d’une approche intégrée dont on a besoin. Cette approche devra incorporer la climatologie et les tendances futures du changement climatique dans la planification et les projets de développement, les modes de vie et de consommation des gabonais, les processus de production des entreprises industrielles et commerciales. En effet, l’organisation sectorielle des mécanismes de prise de décision doit absolument, pour être pertinente, tenir compte des interactions entre les actions par secteurs.

Ces orientations que je viens de vous présenter, devront guider l’action du Comité de Gestion de notre Conseil National Climat et des Comités techniques, afin que nous puissions adopter le Plan Climat d’ici la fin de l’année 2010, comme je m’y suis engagé à Copenhague en décembre 2009. Dans cette optique, je vous engage à désigner vos représentants avec les profils requis pour permettre que le travail soit réalisé avec loyauté, professionnalisme et détermination.

En agissant vite, on tirera des avantages économiques indéniables par l’anticipation des dommages potentiels et par la minimisation des risques pour les écosystèmes, la santé humaine, le développement économique, les infrastructures et les biens et services environnementaux.