Plan National Climat

Présentation

La tenue de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement, à Stockholm, en 1972, marque le début de la prise de conscience par les États des risques associés à une croissance économique essentiellement soutenue par l’utilisation incontrôlée des ressources et de l’espace, à l’échelle même de la terre, ou à celle d’un territoire donné. Suite à la tenue de cette conférence, le Gabon établit dès 1976, par voie de décret et ordonnance, la volonté de l’État d’encadrer les pratiques en matière d’environnement, de protection de la nature et de contrôle des pollutions. Il se dote, par la suite, d’un cadre légal et institutionnel témoignant de sa volonté d’inscrire son développement sur des bases porteuses et susceptibles de limiter les risques encourus par l’exploitation de ses ressources naturelles. Le pays adhère ainsi à plusieurs conventions internationales relatives à des problématiques environnementales qui le préoccupent. Il sera partie à de nombreux accords multilatéraux sur l’environnement (AME), notamment en matière de protection du milieu marin et côtier et des zones humides (Ramsar, 1971), de protection du patrimoine mondial culturel et naturel (Paris, UNESCO, 1972), de commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES, 1973), de protection des espèces migratrices (Bonn, 1979), de droit de la mer (CNUDM, 1982), d’exploitation et de commerce des bois tropicaux (ITTA, 1983), de protection de la couche d’ozone (Vienne et Montréal, 1985, 1987), d’érosion côtière (Abidjan, 1989), de mouvements transfrontaliers et d’élimination des déchets dangereux (Bâle, 1989), et de plusieurs autres problématiques d’intérêt commun. Le pays participe aussi, au cours de cette période, à plusieurs programmes régionaux et internationaux ayant trait à la saine gestion des ressources et à la protection de l’environnement. De plus en plus sensible aux problématiques environnementales, et souhaitant s’impliquer de manière encore plus marquée dans la gestion responsable de ses ressources naturelles, le Gabon se dote, en 1985, d’un Ministère de l’Environnement et de la Protection de la nature.

Il aura fallu dix ans, et la publication préalable, par la Commission mondiale sur l’environnement de l’Organisation des Nations Unies (ONU), du rapport « Notre avenir à tous » (Rapport Brundtland – 1987), pour que soit introduite et adoptée la notion de « développement durable » lors du Sommet de la Terre tenu à Rio en 1992. Immédiatement après la tenue du Sommet de la Terre (1992), le gouvernement gabonais adopte une Loi relative à la protection et à l’amélioration de l’environnement (1993) et se dote, au cours des années suivantes, de plusieurs Codes régissant les pratiques quant à l’exploitation de ses ressources naturelles. Il fait aussi partie des pays signataires des grandes conventions issues du Sommet de la Terre quant à la diversité biologique, au changement climatique et à la désertification. En 1998, l’action de l’État est placée dans le cadre d’un Pacte National de Solidarité et de Développement (PNSD), ce qui permettra, entre autres, au pays, d’être retenu comme hôte du Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement sur la croissance et la réduction de la pauvreté, et d’affirmer, avec encore plus de conviction, son engagement envers le développement durable. Suite à la tenue de ce Sommet, le Gabon s’est doté d’une stratégie de réduction de la pauvreté, fondée sur la vision de ce que devrait être le Gabon en 2025. Cela, avant même que ne soit tenu, en 2002, le Sommet mondial du développement durable à Johannesburg. Non seulement le Gabon fait-il ainsi figure de bon élève en matière de développement durable, mais il compte déjà parmi les pays les plus engagés à inscrire leur développement dans cette perspective.

En fait, depuis l’avènement du Sommet de la Terre (1992), le Gabon n’a jamais cessé de s’intéresser à la problématique du développement durable et de tenter d’en comprendre et gérer les tenants et aboutissants sur le territoire national. Cet effort s’avérait d’autant plus nécessaire et complexe que l’économie du pays repose largement sur l’exploitation des ressources naturelles, ayant pour conséquence une structure économique où le secteur primaire occupe une place prépondérante, étant donné l’importance des activités et des revenus engendrés par l’exploitation pétrolière, minière et forestière. Compte tenu de cette situation, et afin d’établir des politiques adéquates, les Pouvoirs publics s’en sont remis aux avis éclairés du Conseil Économique et Social (CES) (1963) dont l’assemblée consultative a pour mission de concourir à la bonne gestion du pays en matière de développement économique, social et culturel, d’exploitation des ressources naturelles et de protection de l’environnement.

Depuis lors, les politiques, les stratégies de développement et le cadre institutionnel et légal se sont ajustés aux circonstances définies par les avancées sur le plan de la connaissance des milieux naturel et humain, des exigences du maintien des équilibres écologiques, sociaux et économiques, et des ambitions de développement et d’amélioration du cadre de vie de la population gabonaise souhaitées par l’État.

Les manifestations les plus récentes de la volonté de l’État gabonais d’asseoir son développement sur les principes du développement durable résultent dans l’adoption d’une Politique nationale de développement durable que traduisent le Plan stratégique Gabon émergent : Vision 2025 (PSGE), en gestation depuis 2009 et proposé aux citoyens gabonais par le Chef de l’État en 2012, et la promulgation simultanée de deux lois pour en encadrer la mise en œuvre : la Loi portant orientation du développement durable en République gabonaise (2014) et la Loi relative à la Protection de l’environnement en République gabonaise (2014), en remplacement de la Loi portant Code de l’environnement (1985) déjà vielle d’une trentaine d’années. Le PSGE propose une vision, des orientations et des axes stratégiques d’intervention qui s’appuient sur les principes du développement durable qui en deviennent la fondation première. En cela, la gestion durable des ressources naturelles et de l’espace, la prise en compte des changements climatiques qui menacent de nombreux équilibres établis et les patrimoines nationaux, de même que le partage des responsabilités entre l’État, ses institutions, les opérateurs économiques et tous les Gabonais, constituent désormais le fondement principal de la stratégie retenue pour que le Gabon atteigne l’émergence en 2025.

On peut donc considérer que l’attitude progressiste et l’engagement précoce et soutenu de l’État gabonais dans la recherche des meilleures conditions pour assurer son développement harmonieux et durable en fait aujourd’hui une figure de proue en matière de développement durable, à l’échelle de l’Afrique et des pays dont l’économie repose largement sur l’exploitation de ressources premières.

Un positionnement courageux

Mettre en avant les principes du développement durable demande du courage du fait des préjugés encore persistants dans la classe politique, chez plusieurs opérateurs économiques et dans la population en général, à l’effet que l’adoption de ces principes ne pourra que ralentir le développement en faisant fuir les investisseurs, ou en exposant l’industrie et le commerce à des embuches ou à des risques susceptibles d’en limiter ou réduire la performance. Ceux-là n’ont pas compris qu’à l’inverse, l’économie d’un pays ne peut engendrer de véritable croissance si elle opère en vase clos, n’ont plus qu’elle ne peut ignorer que l’éthique et les conditions d’entrée sur les marchés internationaux ne cessent d’évoluer pour mieux traduire le besoin désormais inéluctable de placer la croissance et le développement dans une perspective de long terme et de durabilité. Le Gabon appartient au peloton de tête à ce niveau.

La durabilité et ses exigences

Le « développement durable » repose sur la prise en compte combinée des aspects économiques, écologiques et sociaux de la réalité que définit une entité territoriale, pour y mettre en œuvre une stratégie globale de développement susceptible de permettre aux générations qui y évoluent, actuelles et futures, de répondre à leurs propres besoins. Inscrire le développement dans la durée comporte ses exigences. Ces dernières peuvent être calquées sur celles que commande la gestion durable de l’environnement naturel et humain :

  • La gestion de l’environnement procède d’une responsabilité collective à partager;
  • La gestion de l’environnement commande une approche globale et systémique;
  • La gestion de l’environnement s’appuie sur la connaissance appropriée des milieux naturel et humain;
  • La gestion de l’environnement est un exercice permanent qui ne connaît aucun répit.

La première de ces exigences est la plus fondamentale, mais aucune d’elles ne peut être dissociée de l’ensemble qu’elles constituent. La stratégie de développement durable développée par l’État gabonais repose sur ces principes qui la rendent si pertinente et lui confèrent un niveau de cohérence interne exceptionnel. Cela dit, assurer le partage effectif des responsabilités entre l’État, ses institutions, les opérateurs économiques et les citoyens, maintenir une approche globale et systémique à la mise en œuvre de la stratégie, acquérir les niveaux de connaissance appropriée des milieux naturel et humain, et déployer, sans faillir, les efforts nécessaires pour y arriver constituent un défi de taille pour quiconque emprunte cette voie. Cela dit, la constance reconnue dans les efforts déployés par l’État gabonais au cours des ans pour tirer le meilleur profit de ses ressources, le haut niveau de partage de la vision que propose la stratégie nationale de développement durable, de même que la pertinence du cadre légal et institutionnel mis en place pour orienter, coordonner et encourager la marche vers les objectifs établis, sont autant de gages de la profondeur de l’engagement du Gabon envers le développement durable et du succès anticipé de son projet de société.

Une démarche unique et exemplaire

Cinq facteurs rendent unique et exemplaire la démarche suivie par le Gabon pour assurer son développement durable :

  • La longue gestation de la vision et de l’objectif global poursuivi, finalement proposés en 2012 aux Gabonais par le Chef de l’État comme projet de société : Le Gabon émergent.
  • La complémentarité des assises légales retenues pour orienter, encourager et assurer le maintien des efforts à déployer, tant au niveau de la saine gestion de l’environnement que du développement durable lui-même.
  • La modernisation de l’appareil étatique et son ajustement aux exigences de la gestion du développement durable par la création d’un organe qui lui est dédié, par la création de structures de conseil en matière de développement durable, de changement climatique, de diversité biologique et d’affectation des terres, par la création d’un fonds de développement durable et par la création, dans tous les ministères, d’une direction centrale de l’environnement.
  • La mise en place d’outils novateurs, susceptibles d’encourager la responsabilisation sociale et environnementale, tant chez les structures étatiques que chez les opérateurs économiques;
  • L’obligation de rapporter quant à l’état de l’environnement et du développement durable.

Plan National Climat

À cheval sur l’équateur, le Gabon est situé sur la côte occidentale de l’Afrique centrale entre les latitudes de 4°S à 3°N. Les plaines côtières du Gabon continuent jusqu’à environ 300 Kms à l’intérieur des terres, au-delà desquelles un certain nombre de massifs montagneux s’élèvent. Le climat est de type tropical humide, avec une moyenne annuelle des températures hautes autour de 25 à 27°C dans les plaines côtières, et de 22 à 25°C à l’intérieur et une saison humide comprise entre Octobre et Mai, avec une précipitation mensuelle de 200 à 250 millimètres.

Le présent Plan National Climat est un plan stratégique, comprenant :

  • un état des lieux et les stratégies de développement à court et moyen terme des secteurs d’activités ayant un fort impact sur les changements climatiques (bilan carbone, empreinte énergétique);
  • les stratégies sectorielles de maîtrise des émissions de GES ;
  • la stratégie d’adaptation du territoire aux effets des changements climatiques ;
  • le dispositif de mise en œuvre et de suivi des actions du plan climat ;
  • les options majeures de financement du plan.

Le plan national climat est un des éléments du PSGE qui incarne un changement de paradigme caractérisé par la diversification économique, la création de la valeur ajoutée par la transformation des ressources, le développement du capital humain…. Il préconise e en priorité des fondements suivants:

  • le développement des infrastructures économiques et sociales modernes ;
  • le renforcement de la gouvernance institutionnelle et l’amélioration de la gouvernance économique ;
  • l’amélioration de la compétitivité de l’économie gabonaise parla baisse des coûts des facteurs mais aussi,
  • le développement du Capital humain avec une ambition nouvelle pour l’école, la création de pôles d’excellence, une formation accessible au plus grand nombre et orientée plus orientée vers les compétences. V)un cadre rénové des affaires qui renforcera l’attrait du Gabon pour les investisseurs privés , grâce à la restructuration des institutions d’appui au secteur privé et à la création de Zones Économiques Spéciales facilitant l’implantation des entreprises, mutualisant des services et délivrant des prestations aux standards internationaux de qualité.

Ces fondements vont recréer les atouts de compétitivité du Gabon. Ils porteront les piliers de la croissance durable de l’économie gabonaise que sont le Gabon Vert, le Gabon Industriel et le Gabon des Services.

Le partage plus équitable de la richesse créée et la politique de rattrapage des inégalités caractérisent le mieux la politique sociale du Chef de l’état. Elle consiste en un meilleur accès à des services de santé de qualité, une couverture sociale plus efficace, un accès universel aux services sociaux de base, un logement décent grâce à un développement volontaire d’une offre de logement privilégiant le volet social, l’accès à la terre.

La « Maison du Gabon Émergent » représente l’opérationnalisation du Gabon Émergent à travers une vingtaine de plans sectoriels relevant des piliers porteurs de la croissance et le toit qui symbolise la sécurité.
Deux principes majeurs sont mis en avant dans l’élaboration de ce plan :

  • D’abord, il s’agit de s’assurer d’une bonne connaissance du potentiel de ressources dont dispose le Gabon. Ce potentiel de ressources reste peu connu dans la plupart des secteurs phares de l’économie Gabonaise. C’est le cas pour les hydrocarbures, premier contributeur au PIB et aux recettes du pays, dont on ignore encore pour l’essentiel, le potentiel de l’offshore profond ; la forêt qui comprend plus de 300 espèces ligneuses dont à peine, une douzaine est connue et exploitée avec une seule essence emblématique, l’Okoumé qui représente 40% des exportations de bois gabonais. Dans les forêts tempérées par exemple, ce sont les ressources et leur diversité qui est considérée comme richesse et qui sert de barème pour la détermination de la valeur des permis d’exploitation. Il en est de même pour les mines, encore insuffisamment prospectés, malgré des indices sur une diversité de métaux de terres rares ;
  • Il y a aussi et surtout, le respect des principes du développement durable, de bonne gouvernance et d’équité intergénérationnelle dans l’utilisation des ressources naturelles du Gabon.