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STRATÉGIE DE MAITRISE DES ÉMISSIONS DANS LE SECTEUR DES HYDROCARBURES
Des études récentes, principalement celles réalisées dans le cadre de la préparation de l’élaboration du Plan Climat, indiquent que l’extraction pétrolière contribue à plus de la moitié des émissions nationales de gaz à effet de serre hors forêts, essentiellement à travers le torchage du gaz naturel associé à l’extraction.

POLITIQUE DE RÉDUCTION DU TORCHAGE ET DE VALORISATION DU GAZ ASSOCIÉ
Comme constaté dans la Seconde Communication Nationale (année de base est 2000), les études récentes, réalisées pour l’élaboration du Plan Climat confirment que le torchage du gaz dans les champs pétroliers constituait encore, en 2007, l’essentiel des émissions du secteur Énergie.

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Émissions de GES d’origine énergétique en 2007. (Source : Ministère des Hydrocarbures et Ministère de l’Energie/Rapport Carbon4 2011)

Pour allier le développement économique et la participation à l’effort mondial réduction des volumes de gaz torchés, les administrations, les sociétés pétrolières en production, le Conseil National sur les Changements Climatiques se sont réunis le 11 novembre 2011 à Libreville Sous la Présidence du Ministre en charge des Hydrocarbures et en présence du représentant du Global Gas Flairing Réduction (GGFR initiative de la Banque Mondiale), aux fins de faire le point sur les Plans de Réduction de Torchage de chaque opérateur. Ces plans constituent le fondement du Plan National de Réduction du Torchage et de valorisation du gaz associé.

Cette réunion a permis d’arrêter ce qui suit :

  • tous les opérateurs s’accordent à réduire le torchage jusqu’à un niveau aussi bas que possible;
  • la réduction la plus significative et la plus importante est prévue en 2014 ;
  • l’Administration, avec les services d’un Consultant international et les guides de bonne pratique du GGFR, inspectera les Plans et fixera le « seuil fatal» de torchage champs par champs en tenant compte des spécificités. Les résultats de cet exercice sont attendus à la fin du premier semestre 2012 ;
  • tous les nouveaux projets de développement prendront en compte l’interdiction de torchage continu à l’exception des raisons de sécurité ou de période de tests ; des seuils de torchage seront autorisés en cas de nécessité ;
  • les opérateurs ne pratiqueront plus un torchage continu, le seuil de torchage fatal sera atteint d’ici 2015 pour la majeure partie des champs pétroliers.

LE PLAN NATIONAL DE RÉDUCTION DU TORCHAGE DE GAZ SUR LES CHAMPS PÉTROLIERS
En 2009, le Gouvernement de la République a pris la décision d’interdire le torchage continue du gaz associé. Cette décision a été complétée par un autre texte qui fixe des pénalités en cas de non respect.
Si le premier Arrêté confirme la volonté du Gabon à participer à l’effort mondial de réduction du volume de gaz torché, le deuxième texte connait quelques difficultés d’application. En effet, les difficultés techniques et économiques ont conduit certains opérateurs à solliciter des dérogations le temps de programmer les investissements y relatifs.
Fort de ce qui précède, le Comité de Gestion du Conseil National sur les Changements Climatiques travaille actuellement avec le Ministère chargé des Hydrocarbures pour mettre en œuvre, avec les opérateurs en production, le Plan National de Réduction du Gaz Torché en vue de sa valorisation pour accroitre les recettes de l’état.
Ce plan sera réalisé conformément à la « norme d’application volontaire pour la réduction du volume mondial de gaz torché ou rejeté dans l’atmosphère » mis en place par l’initiative de la Banque Mondiale, le GGFR (Global Gas Flaring Réduction) dans laquelle le Gabon et certains opérateurs pétroliers ont adhéré. Les seuils de « torchage fatal » seront déterminés champ par champ puis, suivant les bonnes pratiques, une nouvelle réglementation sera élaborée.
Par rapport à la situation actuelle d’un volume annuel de torchage de l’ordre de 1,6 Gm3 (Milliards m3). Les études récentes, réalisées dans le cadre de l’élaboration du Plan Climat montrent que la mise en œuvre des différents plans de réduction par les opérateurs devraient se traduire par une réduction de l’ordre de 1 Gm3 d’ici 2015, soit plus de 60% de réduction.
Outre les projets de valorisation de gaz, le Plan National de Réduction du torchage encourage la réinjection du gaz dans les puits ainsi que la facilitation des accords pour la fourniture du gaz entre les sociétés excédentaires et déficitaires pour les besoins d’opérations.
Dans le projet de Code des Hydrocarbures en cours d’élaboration, le torchage continu pourrait être interdit. Toutefois, des autorisations sont prévues et leur délivrance tiendra compte de la réglementation y relative. Pour les textes d’application qui sont en cours d’élaboration, la réduction du torchage sera de mise. Un cadre fiscal approprié accompagnera les projets de valorisation du gaz associé.
Globalement, les prévisions de réduction de torchage seront significatives d’ici 2015 et se présentent, comme suit :

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Prévision de réduction du torchage au Gabon d’ici 2015 (Source : Rapport Carbone 4)