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L’ACTION DU GABON EN FAVEUR DE LA RÉDUCTION DES ÉMISSIONS LIÉES À LA FORÊT

A Stockholm en 1972, le Président Omar Bongo ONDIMBA, qui a joué un rôle actif à la Conférence de Rio en 1992, s’est engagé à développer le Gabon de manière durable, en s’appuyant sur les
principes de préservation de l’environnement, de lutter contre les changements climatiques, la désertification et la perte de biodiversité.
Aussi, dès 1973, il dote le Gabon d’un code de l’environnement. En 2001 le Gabon adopte un nouveau code forestier, qui oblige les entreprises à gérer durablement les forêts (plan d’aménagement, rotation de 25-30 ans). En 2002, engagement pris à Rio en 1992, il crée 13 parcs nationaux qui représentent près de 11% du territoire national.
Ces décisions ont eu un impact positif sur les niveaux de déforestation actuelle du GABON, et partant sur les niveaux de stock de carbone de la forêt gabonaise.

LA DÉFORESTATION
Le taux de déforestation annuel au Gabon de 1990-2000 a été 0,026% par an, soit un taux cumulé égal à 0,26% du couvert forestier sur 10 ans. De 2000-2010, sur un échantillon d’environ
40% du territoire, le taux de déforestation annuel tombe à 0,004%, représentant une perte totale nette de 0,04% sur dix ans. Sur les deux périodes et sur les 40% de la zone considérée, cela
représente une réduction de : 196 T C x 23.700.000 ha x 0,0022 = 10.219.440 Tonne de Carbone (36.789.984 T CO2e).

LA DÉGRADATION DES FORÊTS
Depuis 2006, les permis forestiers de trois sociétés, qui couvrent plus de 2 millions d’hectares, ont été certifiés par FSC (Forest Stewardship Council – www.fsc.org).

La législation actuelle impose des rotations de 25 ans. Dans le passé, la rotation moyenne était comprise entre 10-15ans.
L’exploitation de type FSC au Gabon provoque la perte de 4% de la biomasse contre 10% dans une exploitation classique.
Les stocks de carbone en moyenne dans les forêts exploitées sont 159 T C ha-1. Lors de deux cycles d’exploitation (25 ans) classique, les émissions sont de l’ordre de 32 TC ha-1 comparé à 7 T C ha-1 pour les forêts certifiées FSC.
Ceci représente une économie d’environ 25 x 2.300.000 = 57.500.000 TC ha-1 (207 000 000 T CO2) sur un cycle de 25 ans, soit environ 8,28 millions de tonnes CO2e par an. Si le Gabon impose les normes FSC au reste des 12 millions d’hectares des CFADs (permis forestier d’aménagement durable) existants, cela représenterait une réduction annuelle d’environ 43,2 millions de tonnes de CO2e par an (comparé aux émissions en 2007).
En plus de ces émissions réduites, chaque hectare de forêt mature accumule en moyenne 0.77TC/ha/an. Dans les forêts jeunes ou récemment exploitées la moyenne est plutôt de 1 TC /ha / an. Ainsi, sur une rotation de 25ans chaque hectare accumulera environ 75 T CO2e en raison du choix de l’affecter à cette utilisation.

CONSERVATION
Le Gabon a annoncé à Rio + 10 (WSSD) en 2002 la création d’un réseau de 13 parcs nationaux couvrant 3 millions d’hectares. Le processus législatif a abouti en 2007 avec la promulgation de la Loi 03/2007. Parallèlement à ce processus 1,3 million d’hectares de concessions forestières ont été annulé correspondant à un coût d’environ 30 millions de dollars américains. Le réseau des Parcs Nationaux comprend environ 2,5 millions d’hectares de forêts primaires exploitables. A cela s’ajoutent encore 500 000 ha protégés dans les réserves de faune, soit un total de 3 millions d’hectares. Le coût annuel de la gestion de ces zones est estimé à $ 30 millions de dollars américains par an.

Nos études ont montré que les stocks de carbone dans les forêts non exploitées dans le Bassin du Congo-Ogooué, y compris le Gabon, sont 196 C Mg ha-1 en moyenne (184 parcelles), tandis
que les forêts exploitées ont en moyenne 159 mg C ha-1 (45 parcelles) – environ 21% de moins.

La création et la bonne gestion des parcs garantiront donc : 3.000.000 x (196-159) = 111 000 000 TC (= 402 260 000 T de CO2e ha-1) d’émissions évitées sur une échelle de 25 ans.